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Le centre de Guillaume Massart et Julien Meunier
Le regard entre dans le film comme un client dans un centre commercial, par le parking souterrain, ce qui suffit à situer le lieu où va se déployer Le centre : So Ouest, complexe comercial de Levallois-Perret.
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Silvia Maglioni et Graeme Thomson / Underwritten by shadows still
Le geste artistique est extrêmement puissant. Sur une invitation d’Erik Bullot, en ouverture de son cycle de programmation Le film et son double, aux Laboratoires d’Aubervilliers, Silvia Maglioni et Graeme Thomson nous convient à une expérience performative d’une rare intensité.
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Laval Serial !
Laval Serial ! est né du désir d’Olivier Guidoux de revenir dans la ville où il a passé son adolescence et s’est construit, et plus singulièrement vers certains lieux, doués d’un potentiel cinématographique fort, qui l’ont habité pendant longtemps.
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Phénix de Catherine Libert
Une image blanche, ouateuse, dans laquelle deux silhouettes peinent à se préciser. Le flou dans lequel elles sont prises décide de leur forme et donne à ce Phénix qui vient un caractère qu’il épouse dès ces plans liminaires et qu’il va assumer jusqu’à son dernier souffle. C’est l’annonce d’une sorte d’intranquilité du regard, dont les…
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Marcher puis disparaître
Marcher puis disparaître a été tourné en Anatolie Centrale (Turquie), près de Şereflikoçhisar, une petite ville elle-même proche de Tuz Gölü, qui est un lac salé que Romain Kronenberg a découvert alors qu’il tournait un road movie en 2011.
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La dernière image
Des formes d’abord difficiles à identifier surgissent, très progressivement, d’un écran blanc. Nous sommes à bord d’une nacelle, sur une grande roue. L’image fixe les lumières et armatures en fer du manège, et laisse apparaître en arrière plan des façades d’immeubles, presque occultées par la luminance des ampoules.
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6X6 de Marine Feuillade et Pauline Lecomte
Les premiers accords agressifs du morceau « Orphans » de Teenage Jesus and the Jerk, les cris de Lydia Lunch qui répondent à la guitare électrique, l’image abîmée d’une silhouette courant sur la route, la carcasse d’un véhicule en flammes illuminant la nuit.
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La mer du sable de Sarah Klingemann
Le cinéma partage avec la poésie la possibilité de faire exister, dans une concomitance qui ne demande a priori aucune justification extrinsèque, des temps et des espaces séparés. Qu’un dedans sans fenêtres apparentes puisse ouvrir sur une extériorité qui se tient loin de lui ne fait que rappeler la liberté gratuite et aventureuse du montage,…
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La fragilité
J’ai regardé hier soir un film magnifique sur Chet Baker (Let’s get lost de Bruce Weber, 1988, 120′), un documentaire qui est uniquement un montage de films noir et blanc, tournés du vivant du musicien. Des scènes de son enfance, de sa jeunesse, des longs plans d’une interview réalisée un an avant sa mort, quand…
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White Epilepsy de Philippe Grandrieux
Un corps nu, vu de dos, apparait d’abord dans un état de virilité, une force contenue et sur elle-même repliée. C’est une carrure, livrée dans une ambiance sonore singulière, qui vient donner un poids supplémentaire au fond obscur sur lequel cette figure solitaire apparait, et dont elle ne pourra se soustraire à aucun moment.
