

Proposition chorale et polyphonique, Chorégraphier l’exposition montre la nécessité où se trouve la performance de se penser elle-même, dans ses modalités de manifestation. Si l’acuité de la performance tient à sa nécessaire inscription dans la présence, dans un ici et maintenant, la question se pose effectivement de savoir comment l’exposer.

Avant d’avoir affaire à des images, qu’il reçoit de la machine et qui n’arrivent qu’assez tardivement dans le processus de création d’un film, un cinéaste se confronte à des corps de toutes sortes. Son expérience singulière, proprement cinématographique, l’expérience de la fabrication d’un film n’est pas immédiatement plastique, figurative.

La Belgique a offert, parfois en toute discrétion, des signatures cinématographiques considérables, notamment dans le champ du documentaire, qui est du cinéma tout court, et sans doute le lieu où cet art, vivant de se tramer avec le monde, peut chercher et trouver à déployer des formes qui lui appartiennent en propre.

Silvia Maglioni et Graeme Thomson réalisent des films qui interrogent les frontières entre plusieurs pratiques (performance et installation notamment). In Search of UIQ, leur dernier long métrage, les a mis en chemin vers un projet de film de science fiction de Félix Guattari, resté sans suite : Un amour d’UIQ. En amont et en aval de leur…

Chants, oraisons, rythmes saccadés, souffle amplifié jusqu’à la déchirure, voici quelques uns des leviers que Vincent Dupont sollicite pour créer un espace respiratoire commun, Air, et les conditions de possibilité d’une expérience d’intensification et d’étirement, un rituel contemporain.

« Un lien, entre deux personnes. Le lien dont parlait ce vieux philosophe qui était le prof de ma mère, Léon Brunschvicg. C’était une des sommités de la philosophie française à l’époque. J’ai lu un petit livre de lui qui s’appelait Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne. Descartes, je sais, Pascal, je crois, et Montaigne, je…

Pays sans nom est la trace d’une performance passée, avec la part d’accidentel que cela comprend, dont l’enjeu était de faire l’expérience de la fabrication d’un film en direct, et dans l’idée de provoquer une situation où son élaboration puisse échapper à la maîtrise de la réalisation.

Le cinéma n’est ni un art ni une technique (ce sont les philosophes qui en parlent ainsi), mais un dispositif qui vous saisit, où les confrontations physiques aux espaces, aux machines, aux acteurs, aux techniciens, aux passants, jusqu’aux producteurs que vous rencontrerez dans leur bureau sont décisives.

Face à la beauté complexe d’une situation qui échapperait à toute rationalisation excessive, Christian Merlhiot crée les conditions d’écoute de ce qui, loin de toute anomalie ou fantaisie, s’avère assez étonnant et puissant pour questionner notre vision du monde.

Le 4 février dernier, nous avons rencontré Christophe Loizillon et son ami Jean-Louis Héliard, lui-même plasticien, pour engager une longue conversation sur le plan séquence. Nous vous invitons à découvrir la restitution de ce bel échange, qui s’aventure à questionner le cinéma de Christophe Loizillon, ses territoires possibles, et les pistes qu’ouvrent peut-être pour lui…