Arts contemporains, cinéma et philosophie

Pratiques de décentrement #1

Le 17 septembre 2025

Le département de recherche Parole de l’art du Collège des Bernardins initie un séminaire mensuel autour des pratiques de décentrement en art. Une série de rencontres autour d’un artiste et / ou d’une œuvre invitera à réfléchir au type d’attention que de nombreuses pratiques plastiques contemporaines laisse émerger en invitant à des opérations de décentrement.

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La question du décentrement est devenue saillante dans le champ des pratiques artistiques contemporaines. Elle peut s’entendre à plusieurs niveaux et vient prolonger naturellement les réflexions ouvertes dans nos précédents séminaires concernant L’art et les formes de la nature et Les formes de la fragilité en art. On perçoit sa prégnance si l’on considère l’axe thématique retenu de la dernière Biennale de Venise – Foreigners everywhere – comme celui de la Biennale de Lyon – Les voix du fleuve, crossing the water. Dans l’une et l’autre de ces manifestations, il s’agirait finalement d’interroger un rapport au monde – c’est-à-dire aussi bien aux autres peuples qu’à la nature – en considérant des possibilités d’individuation qui ne passent plus par la prééminence du sujet, dans son identité propre et dans sa tendance à se considérer au centre du monde qui se déploie autour de lui et dont il ne fait jamais qu’en annexer les ressources.

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Arfuyen au loin – 2024 / 43’
Un film documentaire de Katharina Bellan
Jean-Pierre, peintre, a filmé son jardin dans de courtes vidéos avec une tablette qui lui permet de commenter ce qu’il filme en direct. En contrepoint de ses images aux couleurs vives, les souvenirs familiaux dessinent son portrait en absence, filmé pellicule noir et blanc aux sons asynchrones.

« Ce film est une mise en correspondance d’images filmées et commentées par mon père entre 2014 et 2017, date de sa mort, et d’images 16mm et super 8 noir et blanc de son jardin en terrasse et talus dans le nord du Vaucluse que j’ai filmées depuis. Jean-Pierre montre en très gros plans les fleurs qu’il cultivait, il dit leurs nomenclatures, leurs couleurs, la luxuriance de leurs formes et dialogue avec les insectes qui les visitent. Je filme ceux qui restent, ma mère et mes enfants qui traversent ce jardin que personne ne cultive quotidiennement, et ainsi se transforme. Nos discussions font échos aux propos de Jean-Pierre, des souvenirs, des idées qui s’entrechoquent sur ce que peut signifier cultiver. »

Bio
Après une maitrise d’histoire de l’art à la Sorbonne, Katharina Bellan étudie la réalisation à l’INSAS (Institut National des Arts du Spectacle) à Bruxelles. Elle a réalisé une dizaine de films documentaires et expérimentaux, solitaires et collectifs qui ont été montrés dans divers festivals : Lussas, Pantin, FID Marseille, Arcueil…
En 2017, elle soutient une thèse de doctorat en cinéma et en histoire à l’Université d’Aix Marseille.

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Entrée libre sur réservation auprès de Véronique Lethu : veronique.lethu@collegedesbernardins.fr