Arts contemporains, cinéma et philosophie

Pratiques de décentrement #2

Le 8 octobre 2025 à 18h – Petite auditorium du Collège des Bernardins

Inspiration poétique et ressources pratiques : Saint Benoît Joseph Labre

Saint patron des mendiants, des pèlerins et des inadaptés, Benoît Joseph Labre (1748-1783) s’engage à l’âge de 20 ans dans un long voyage au cours duquel il parcourt 30 000 km à travers toute l’Europe, à pied, vivant des menues ressources qu’il trouve en chemin.

Benoît Joseph Labre n’a rien écrit, sinon deux lettres adressées à ses proches et quelques sentences glanées par ses confesseurs. Mais cette figure singulière a inspiré bien des poètes à mesure que les récits de cette vie hors du commun ont commencé à essaimer.

Il marquera profondément la poésie et l’existence de Germain Nouveau, qui se fait lui-même mendiant après avoir produit une œuvre considérable, et Verlaine lui dédie un poème. André Dhôtel propose un récit de sa vie d’une grande facture littéraire et spirituelle. Plus proche de nous, des poètes comme Lucien Suel ou Guillaume Marie relancent pour nous son itinérance par des gestes poétiques singuliers.

Pourquoi et comment celui qui, selon les hagiographes, était si peu loquace suscite-t-il ce désir de toucher poétiquement aux confins où ses cheminements l’ont mené ?

« Être pauvre d’esprit, c’est être libre. Eh bien !
Aimez la liberté, n’appartenez à rien,
Pas même au lit qui s’ouvre à votre échine lasse,
Pas même à votre habit : il est au temps qui passe. »

Germain Nouveau,
« Pauvreté », La Doctrine de l’amour (1881)

Bibliographie

Germain Nouveau, La Doctrine de l’amour et Le Calepin du mendiant in Lautréamont, Germain Nouveau, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1970.
André Dhôtel, Saint Benoît Joseph Labre, Paris, La table ronde, 2002 (1957).
Lucien Suel, Petite ourse de la pauvreté, Limoges, Le dernier télégramme, 2012.
Guillaume Marie, Je vais entrer dans un pays, Paris, Corti, 2023.